Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 03:09
 

mer-rouge--410-.JPGAprès le Soudan, l'Érythrée. Des îles désertes, par centaines, avec des kilomètres de plages de sable blanc. Des coquillages par milliers, une eau transparente. De temps en temps, un petit bateau de pêcheurs vient nous demander des épices, de l'eau, une bougie pour le moteur, des médicaments, toujours très gentils, très pauvres. Un jour, un petit bateau nous aborde. Un homme âgé et un très jeune. L'homme âgé parle très bien anglais, il veut des livres ou journaux. On n'a à bord que des livres ou revues en français, il en veut quand même. Je demande au jeune s'il parle anglais, et le plus vieux me dit :" non, il n'apprend pas l'anglais, il va à l'école coranique" .
mer rouge (375)

Par ty mor - Publié dans : voyage
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 03:24
 

On prend contact avec le territoire de Djibouti à Obock, l'ancienne capitale. On a le plaisir d'entendre parler français. Dans les autres pays de la mer Rouge, c'est arabe ou anglais. On est heureux d'être accueillis dans notre langue. Depuis que l'on a quitté l'Égypte, on n'a pas rencontré un voilier. On en a croisé quatre en mer, mais on s'est trouvé seuls à chaque mouillage.

On se rend rapidement compte que, si on nous parle en français, on essaie de nous extirper le plus possible d'argent. On a affaire en premier à un homme qui vient à bord en se faisant passer pour autorité du port, mais qui n'est rien. On nous vend du gasoil de contrebande le double du prix normal. On nous promet le plein d'eau gratuit, quand on arrive près du robinet, on essaie de nous faire payer le litre aussi cher qu'un litre de vin en France. Je me fâche tout rouge, je les insulte tous, c'est facile en français, et on part pour le port principal de Djibouti, pour constater qu'ils sont encore plus voleurs, en commençant par les autorités. Mais là, on y est préparé, on fait les gros yeux, on ne se laisse pas faire, y compris par la douane qui essaie de nous extirper des bakchichs pour entrer au port avec nos courses.mer-rouge--460-.JPG

Par ty mor - Publié dans : voyage
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 04:05
 

yemen--45-.JPGA Mukalla, il y a le nouveau port, bien fermé, abrité de la houle, et l'ancien port, pas très bien abrité, celui où l'on doit rester. En arrivant, j'ai bien essayé de pointer mon étrave vers le nouveau port, mais la police nous a rapidement intimé l'ordre de faire demi tour. De toute manière, je ne voyais pas bien où accoster ou poser mon ancre: c'est plein comme un oeuf. L'ancien port offre l'avantage d'être situé en plein centre ville. On mouille donc l'ancre vers midi. On est suffisamment près du quai pour débarquer à l'aviron. C'est d'ailleurs souvent du sport à cause de la houle qui entre.

A peine mouillé, un pêcheur nous accoste avec un douanier à bord. Le douanier, un jeune, ne parle pas Anglais. Le pêcheur, qui est manchot, le parle très bien. Il nous souhaite la bienvenue, nous demande de présenter nos papiers au douanier, commence à me dire que, ici, les frais ne sont pas très importants, la première semaine est gratuite. A Aden, on m'avait dit que tous les ports du Yémen étaient gratuits, je suis étonné, mais je ne réponds pas: on verra bien quand on me réclamera l'argent. Le pêcheur me dit que je dois le payer pour avoir amené le douanier à mon bord: l'équivalent d'un euro. Trois fois plus cher que ce que les passeurs demandaient à Aden pour nous amener à notre bord.

Il commence à m'énerver, je réponds que j'étais capable d'aller moi-même au bureau de douane, je ne lui ai rien commandé donc je n'ai rien à lui payer. Il se fâche, moi aussi. Il me menace de me laisser le douanier à bord. Je lui dis de partir, de laisser le douanier s'il le veut, on descend dans le carré, on leur dit « good bye » On entend une discussion houleuse entre le passeur et le douanier, finalement, dix minutes plus tard ils quittent le bord.

Vers quatre heures de l'après midi, on met l'annexe à l'eau et on débarque. J'appréhende un peu l'accueil des douaniers. En entrant dans le poste, un homme nous souhaite la bienvenue, se confond en excuses pour le comportement du pêcheur, nous présente tous les douaniers en commençant par le chef, se présente comme l'agent exclusif de Mukalla, et me demande de remplir des papiers. Je lui fais part de mon étonnement d'être reçu par un agent, on m'a affirmé à Aden que ce n'était pas obligatoire. Il me dit que c'est la tradition, à Mukalla, tout le monde prend un agent. D'ailleurs si j'ai besoin de quelque chose, je ne saurai pas trouver moi même, j'aurai besoin de lui. Alors j'insiste, je ne suivrai pas la tradition, je ne veux pas d'agent. Qu'il me donne sa carte de visite, si j'ai un problème que je ne sais résoudre, j'irai le voir. Il est conciliant, il me demande seulement de remplir les papiers officiels. Il me les présente: tous ont l'entête de l'agent. Je refuse. Il me dit qu'il est obligatoire de signaler son arrivée à la capitainerie du port. Je lui réponds que j'irai, le lendemain, à la capitainerie, et l'on part en ville. Les douaniers ne sont pas intervenus. Je crains que, au moment de partir, ils ne me mettent des bâtons dans les roues: çà n'a pas été le cas, au contraire. Une ou deux fois par semaine, la vedette de la douane venait du nouveau port, arrêtait près de notre bord et nous demandait si tout allait bien, si l'on envisageait de partir. Après un mois d'escale, on décide de lever l'ancre le samedi suivant. Dans la rue, le jeudi, un homme en djellaba nous accoste: « vous voulez partir samedi? . C'est impossible, vous devez avoir une clearance et la capitainerie sera fermée demain. » Qu'à cela ne tienne, on prend immédiatement un taxi, une heure plus tard, on est en règle, le capitaine du port lui-même nous a rempli notre clearance, c'est gratuit.

On s'est fait remuer un peu, dans ce port, mais ça a été une belle escale. On s'était mis sur deux ancres, une avant et une arrière, pour rester le nez à la houle qui entrait. Une fois par semaine,environ, la houle forcissait et une ancre dérapait, mais c'était supportable. Petit problème, une mosquée à cent mètres, première prière à cinq heures du matin. On s'y fait. C'est une ville avec peu de tourisme, on y a été bien accueillis.

Un jour sur deux, on allait au marché, et on en profitait pour manger dans un restaurant ouvrier: un plat unique, riz ou spaghettis, poisson ou poulet, pour un à deux euros. Pour les spaghettis, une fourchette. Pour le riz, on mange avec les mains.

Difficile d'avoir des nouvelles, dans cette ville: le téléphone portable ne passe pas. Difficile de communiquer aussi, très peu de gens parlent anglais.yémen (103)yémen (51)

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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 16:10
ty mor (26)-copie-1Dans le vieux port de Victoria, sur l'île de Mahé, on prend nos repaires. Les Seychelles, ce sont trois groupes d'îles dont les plus éloignées sont à 12OO km. Mahé, l'île principale est à 4 degrés 40 sud, donc à 280 miles soit 520 km sous l'équateur, chaud et humide toute l'année. Mahé, 27 km de long et 65000 habitants, vit essentiellement du tourisme. On paie en roupies. On peut avoir des roupies dans un distributeur, avec sa carte bancaire, mais au taux officiel de 6.60 roupies pour un euro. Si vous arrivez avec des euros, vous changez au marché noir, dans le fond des magasins, à 12 roupies pour un euro. Donc, si vous y venez en vacances, pensez y. On était prévenus, on avait planqué des euros et des dollars dans les plafonds et le fond des coffres de TY MOR. Le plus gros problème, c'est de se souvenir où on les a planqués.
A Victoria, la capitale, il y a des magasins, des petits super marchés comme en France, mais mal achalandés. Quand il y a du papier toilettes, il faut en prendre, quand il y a de la lessive, il faut en prendre, çà ne dure pas. En ce moment, on ne trouve pas de piles rondes ordinaires pour l'appareil photo. La plupart des gens sont café au lait et parlent créole. Dans la rue ou dans les magasins, tout le monde vous aborde en anglais, mais on répond en français, tout le monde le parle. Arrivés à trois heures du port, j'ai appelé la capitainerie par radio, en français: pas de réponse. Je les appelle en anglais: réponse immédiate. Deux heures plus tard, ils prennent contact en français, me disent qu'ils me recevaient mal, nous souhaitent la bienvenue et nous donnent une position GPS en dehors du port pour se mettre sur ancre en attendant les officiels. Ils arrivent une heure après: garde-côte, douane, hygiène qui désinfecte le bateau avec une bombe, autorités du port et police. Tout le monde dans le carré, chacun donne son imprimé à remplir. On nous fait payer 70 dollars, et on peut entrer au port, se mettre sur ancre. On est bien abrités, on débarque avec l'annexe au club nautique, sur un ponton, très British. Il y a un bar, snack, toilettes et douches: le grand confort. On paie une taxe portuaire de 100 euros par mois, que l'on soit n'importe où dans les Seychelles.
On trouve des boucheries mais peu de charcuterie, quelques fromages type pâte comme les Anglais, mais le marché est joli: toutes sortes de bananes, ananas, pommes mangues, noix de coco pour les fruits, tomates, pommes de terre, haricots verts, laitues, choux, carottes, et des choses que l'on ne connaît pas. Au super marché, il y a du vin, 8 euros la bouteille la moins chère. Je me contente de boire de temps en temps un demi au bar: un peu plus d'un euro. Ces prix sont en fonction du change au noir, donc les prix officiels sont chers. 
Il y a un réseau de bus qui fait toute l'île, et dans les jours qui viennent on va attaquer les visites en bus.
Dans le port, il y a un ponton de voiliers en location, cher, clientèle surtout allemande. Puis il y a des promène-couillons, bateaux en tout genre pour promener quelques heures les clients des hôtels. Hélas, il n'y a qu'un seul bateau de voyageurs: nous. Dommage, on aurait bien voulu fêter Noël à plusieurs équipages. Peut-être l'alliance Française organisera quelque chose. 
On a hâte de voir la carène de Ty Mor repeinte à neuf pour aller voir les poissons et les coquillages du coin autour des patates de corail. 
Pour sortir Ty Mor de l'eau, on a un devis de 240 euros. Ils veulent bien utiliser la peinture que j'ai achetée au Yémen, 78 euros au lieu de 230 euros en France, mais ils ne veulent pas que je la passe moi même. Ils me prennent 45 euros pour passer deux couches, soit une dizaine d'heures de travail. Après cela, on sera tranquille pour un an. 
On pense à vous qui êtes dans la froidure. Maintenant on a quelques nouvelles de France, on écoute radio France international.
On vit toujours très peu habillés, mais on a ressorti les parapluies: les grains arrivent vite, mais ne durent pas trop; et si on se fait mouiller, à 28 degrés, c’est supportable. Il faut toujours penser à fermer les hublots avant de quitter le bord, sinon, gare aux inondations

.ty mor (215)
Par ty mor - Publié dans : voyage
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 10:07
Photo-137.jpgJe ne vous ai pas dit: les oiseaux, bon d'accord, ils volent le bec en avant comme dans l'hémisphère nord. Il y en a même peut-être aussi qui volent sur le dos pour ne pas voir la misère, mais surtout, ce ne sont pas les mêmes qu'en France. Les premiers que l'on a rencontrés, alors que l'on arrivait à une dizaine de miles de la terre, c'étaient des Paille en Queue. De beaux oiseaux de mer tout blanc, de la taille d'un goéland, avec quelques très grandes plumes à la queue. 
Dans le port de Victoria, on côtoie à une dizaine de mètres les hérons: moitié de grand hérons, moitié des hérons blancs. La nuit, ils viennent se poser dans nos annexes, et nous laissent une belle trace de leur passage en souvenir. Ils n'ont pas de problème pour se nourrir, les petits poissons sont en abondance, ils arrivent même à les attraper au vol, en plongeant juste le bec dans l'eau. 
En ville, le plus courant, c'est une sorte de petite tourterelle, légèrement bleutée, qui mange les miettes ou les restes de pain sur le trottoir, et qui restent à quelques centimètres de vous. Viennent ensuite les mainates, comme un merle avec des joues jaunes, les mêmes que l'on peut trouver en cage en France, qui apprennent bien à parler. Si vous mangez à la terrasse au restaurant, ne laissez pas votre assiette sans surveillance, un mainate aura vite fait de la repérer et de venir y prélever sa pitance. Dans les rues ou dans la campagne, on voit des petits oiseaux de la grosseur d'un moineau, mais rouge, comme le cou d'un rouge-gorge, mais tout rouge, très joli. On voit aussi, couramment, une sorte de pigeons sauvages, mais ici, pas de pigeons voyageurs, c'est trop loin de tout. 
Dans le ciel, deux sortes d'oiseaux que l'on n'approche pas: la frégate et la chauve souris. La frégate est un oiseau de mer. Imaginez une buse, les ailes beaucoup plus longues et fines, noire avec le cou blanc. Elle peut planer pendant des heures, mais elle ne se contente pas de faire des cercles, elle change constamment sa trajectoire, sans jamais donner un coup d'aile. Elle attrape les poissons en mettant seulement le bec dans l'eau, sans arrêter de planer: magnifique!! Les chauves-souris, de loin, on croirait des corbeaux, sauf que quand elles se rapprochent, on se rend compte que le corps est au carré; on croirait une brique sur laquelle on a greffé des ailes, tout noir. Elles ne sont pas agressives, on les voit voler dans la journée, et on peut en manger dans certains restaurants. Enfin, sur l'île de Praslin, dans la vallée de mai, là où poussent les coco fesses, on peut voir et on a vu le perroquet noir, une des dernières colonies au monde, disent les Seselwa (Seychellois en créole).
Par ty mor - Publié dans : voyage
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